Les « diaboliques» bicyclettes inondent le m°!1de Le changement de siècle et la bicyclette

l'aube du xxe siècle, les bicyclettes étaient déjà populaires dans toute l'Europe et aux États-Unis, mais qu'en était-il du reste du monde? Que se passait-il par exemple en Amérique latine, en Chine, au Japon ou en Inde?

En Amérique latine, l'un des premiers pays à accueillir le cyclisme fut le Brésil. Nous savons que, dès 1869, à Porto Alegre, un importateur d'« objets américains}) appelé Dillon proposait des bicyclettes à vendre, tandis que son fils, Leopoldo, en faisait la démonstration. On donnait à la bicyclette le nom de « cavallo de ferro}) (cheval de fer).

Quelques années plus tard, en 1907, un homme, Adolfo Pompilio Mabilde, qui avait assisté à ces premières exhibitions cyclistes, relata ses impressions dans le journal Correio do Pava. Il signalait dans sa lettre au directeur que le vélocipède avait provoqué l'enthousiasme de l'assistance, « bien que certains aient dit que cet homme (le cycliste) avait fait un pacte avec le diable, car il était sur une machine qui marchait seule; car personne ne la tirait à l'avant ni ne la poussait 'par derrière, qui allait vite et qui, c'était le pire de tout, avait seulement deùx roues, l'une derrière l'autre ».

« Ce véiocipède était très simple, continuait-il. À l'avant il avait une roue d'environ 90 centimètres et à l'arrière une autre plus petite, de 80 centimètres de diamètre, toutes deux faites en bois avec un arc de fer (...). La selle était posée sur une tige supérieure courbée, en fer forgécomme le reste de la machine, à l'exception de la bouche dan's laquelle s'encastrait le guidon qui était en fer malléable ».

Les nouvelles suivantes du cyclisme hispano-américain nous viennent d'Argentine. En 1890 se pratiquait déjà à Buenos Aires le cyclisme sur piste. Malheureusement, il n'y avait pas de coureurs argentins, mais c'étaient les vedettes européennes (très bien payées) qui remplissaient les gradins. Puis les imprésarios décidèrent de compléter les soirées cyclistes par des soirées de compétition libre, en générai truquée. Par conséquent, des scandales et des

bagarres éclatèrent, jusqu'à ce qu'on en vînt à la fermeture des vélodromes./Levélocipède perdit ainsi son premier combat dans le pays des gauchos. Ce n'est qu'en 1905 que se tint la première course cycliste sur route sur le territoire argentin (10 kilomètres entre Flores et Liniera, à Buenos Aires), l'occasion pour les bicyclettes de prendre leur revanche.

Vers 1894-1895 commencèrent à arriver à Mayagüez, le port de Puerto Rico, les premiers vélocipèdes. Ils étaient importés des États-Unis par Fidel Fradera ; mais ce fut un jeune homme de quinze ans, Santiago Panzardi, qui créa alors l'Agence de Bicyclettes Panzardi, depuis laquelle il promouvait la pratique du cyclisme sur l'île. Il fit de telles affaires qu'au début de 1911 il possédait un inventaire de 600 bicyclettes attendant l'acheteur dans ses magasins, des machines qui, par un accord avec le commerçant, se vendaient sous la marque Panzardi. Autour de 1901, on se cachait encore au passage d'un cycliste que l'on prenait pour un suppôt du Diable.

Rendons-nous à présent à l'autre bout du monde et voyons comment les vélocipèdes se répandirent, lentement mais irrémédiablement, dans tous les types de cultures.

Le cyclisme japonais entre dans l'Histoire en 1890. À cette époque, une usine d'armement, la Miyata Gun-Smith Factory, s'aperçut qu'avec les mêmes machines qui servaient à fabriquer les canons de ses fusils elle pouvait fabriquer les tubes qui constituaient un vélocipède. C'est ainsi que vit le jour la Miyata Bicycle Company, dont les bicyclettes furent destinées à un usage essentiellement domestique; les bicyclettes de compétition étaient pour leur part importées d'Europe ou, de préférence, des États-Unis. La première course de bicyclettes du pays eut lieu dans le Ueno Park de Tokyo, la capitale du Japon, en 1897. Elle vit se présenter 20 cyclistes de ({ bonne famille », applaudis par 300 spectateurs venus assister à l'événement.

En Inde aussi, par le biais des colons britanniques, le vélocipède fut introduit vers 1890. Le prix des premières machines atteignait alors la somme élevée de 40 roupies, ce qui les mettait à la seule portée des princes indiens et des commerçants européens. Ce n'est qu'en 1905 que furent réalisées les premières grandes importations de bicyclettes européennes et japonaises, lesquelles se répandirent dans des secteurs plus vastes de la population. À titre anecdotique, notons qu'en 1919, au Pendjab, seules cinq personnes

possédaient et montaient une bicyclette, parmi lesquelles Pala Singh Bhogal, grand-père de son altesse le prince Bhogal de Ludhiana. Toutes avaient une autorisation spéciale du Gouverneur pour utiliser leurs bicyclettes une heure par jour sur le Mali (la promenade) de Simla, où des centaines de personnes se réunissaient dans le but d'assister à leurs évolutions.

Les importations de bicyclettes augmentèrent pendant des années en Inde, avant que ne commence àfleurir, au milieu des années cinquante, l'industrie nationale des deux roues.

 

En Chine, l'histoire de la bicyclette commence en 1896. À cette époque, Li Hongzhang, un haut fonctionnaire impérial de la Chine de l'impératrice Ci Xi (Ts'eu-hi), effectuait une visite aux ÉtatsUnis. Un conseiller américain lui offrit un vélocipède, qu'il emporta avec lui de retour dans son pays. Dès 1898, la Chine se mit à importer des bicyclettes. Les chroniques rapportent que le premier à monter sur l'une d'elle fut Ding Boyu, un employé de la douane de Tianjin, au nordest de la Chine. « En 1898, il acheta une bicyclette et l'utilisa dès lors pour se rendre au travail, abandonnant le palanquin traditionnel ». Dans les dernières années de la dynastie Qing (vers 1910-1912); le volume des importations de bicyclettes augmenta considérablement, mais l'usage de celle-ci continuait de se limiter aux jeunes gens de l'aristocratie.




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