Une surprenante escalade Ezquerra, l'« aigle du Galibier»

ederico Ezquerra (10 mars 1909, Gordejuela) était un grimpeur sec et maigre qui, après avoir brillé sur les courses espagnoles, décida de tenter sa chance sur le Tour de France de 1934. Il étonna les siens comme les autres en passant le Galibier en tête, devant Vietto, et en se plaçant à la dixneuvième place du classement général. Néanmoins, ne simplifions pas à

l'excès, ce serait commettre une injustice: en effet, Ezquerra, en l'emportant sur le mythique col français, avait fait plus que marquer un point, il était parvenu à entrer dans l'histoire en battant le record de l'ascension du Galibier.

Le soir précédant cette étape, la septième, entre Aix-les-Bains et Grenoble, Vicente Trueba et Mariano Canarda lui avaient expliqué les particu

larités de cette montée si spéciale: « Là, il vaut mieux que tu changes de vitesse; ici, fais attention au virage» - une leçon qu'Ezquerra apprit parfaitement, vu le profit qu'il en tira.

« ,J'ai commencé à monter dans les derniers, allait-il raconter plus tard, se remémorant l'étape, car j'avais crevé avant d'arriver au premier poste de contrôle. À mi-montée, j'ai dépassé Trueba et je lui ai demandé comment il allait. Il m'a dit qu'il ne pouvait me donner a U .me indication sur sa situation. Nous avions fait équipe avec les Suisses, que l'on appelait "ceux à la croix surie dos", en raison de la croix blanche qui figurait sur leurs maillots [...].

Nous étions quatre espagnols cette année-là, Canarda, Luciano Montera, Trueba et moi. J'ai passé le Ballon d'Alsace, je suis descèndu vers les rivières et j'ai commencé l'ascension du Galibier. J'ai dépassé René Vietto,

qui était l'idole des Français, et je me suis placé en première place. Mais j'ai observé que les supporters français aidaient leurs com

patriotes en les poussant, et j'ai décidé de l'attendre, dans le but: d'éviter cela, ce que j'ai en partie réussi à faire ».

Ensuite, les deux coureurs stoppèrent le long du fossé pour changer de vitesse. La côte se faisait plus dure, et d'un commun accord ils s'arrêtèrent pour mettre une couronne de 20 au lieu d'une de 18, opération qu'ils répétèrent plus loin pour changer cette fois pour un pignon de 23.

De nouveau en course, Ezquerra laissa Vietto en arrière, pour voir encore une fois les Français le pousser sans qu'il ait à donner un coup de pédale... Ezquerra l'attendit donc, jusqu'au moment adéquat.

« Nous continuions à monter ce pic de plus de 2 000 mètres et, quand j'ai vu que nous nous approchions du sommet, j'ai démarré - comme c'était mon intention - et je l'ai laissé derrière »,

et, quand j'ai vu que nous nous approchions du sommet, j'ai démarré - comme c'était mon intention - et je l'ai laissé derrière »,

Pourtant, un rival qu'il n'attendait pas se présenta a.,.lors : le public, qui envahissait la route, l'empêchant de passer... Aux grands maux, les grands remèdes: Ezquèrra prit la pompe sur le cadre et s'ouvrit un chemin en donnant des coups, jusqu'au sommet.

« J'ai vaincu et j'ai battu le record qu'avaient d'abord Christophe puis Vicente Trueba, je crois, en moins d'un quart d'heure ».

Ezquerra détenait le nouveau record de l'ascension et devenait « l'aigle du Galibier », selon la juste expression de l'organisateur de la course, Henri Desgrange. Il avait réalisé la montée en un temps de 1 heure et 58 minutes. Néanmoins, la ligne d'arrivée restait encore lo n et ce furent Vietto et un petit groupe de coureurs qui la passèrent les premiers. L.:Espagnol termina l'étape quatrième, à 3 minutes et 23 secondes du cycliste français, qui emportait la victoire.

Le mauvais sort allait continuer à s'acharner. Quelques jours plus tard, pendant qu'Ezquerra mangeait, une arête de poisson vint se loger dans sa joue et lui donna une infection qui le laissa sans forces pour lutter en montagne ; les lauriers qu'il aurait pu facilement y récolter lui échappèrent.

Ezquerra termina le Tour à la dix-neuvième position; cependant, son retour chez lui fut un délire, une apothéose. Des centaines de supporters entourèrent le train de son retour, et un orchestre l'accompagna jusqu'à la mairie. Un nouveau champion était né pour le cyclisme de Biscaye, un cycliste qui désormais serait reçu comme une grande figure de ce sport dans toutes les courses à venir.

cependant, son retour chez lui fut un délire, une apothéose. Des centaines de supporters entourèrent le train de son retour, et un orchestre l'accompagna jusqu'à la mairie. Un nouveau champion était né pour le cyclisme de Biscaye, un cycliste qui désormais serait reçu comme une grande figure de ce sport dans toutes les courses à venir.

Ezquerra retourna sur le Tour de France l'année suivante, mais il ne putJe terminer. Il récidiva en 1936 et remporta l'étape Nices-Cannes le 18 juillet, le jour de l'éclatement de la guerre civile en Espagne, ce qui fit que sa victoire n'eut pas les repercussions qu'elle aurait meritees




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