LA LONGUE MARCHE DU CYCLISME FEMININ

Disciplines sportives - Longue marche du cyclisme femin - La lente et difficile avancée du cyclisme féminin - Ce n'est pas seulement un sport d'homme - Grandes epreuves feminines

Pour les femmes, la bicyclette continuait d'être une sorte de fruit dé­fendu dans ce premier quart du xxe siècle. Dans le livre Le Cyclisme édité par Pierre Lafitte & Cie, en 1912, nous pouvons lire l'opinion que se fai­sait le Dr. Francis Hecker de la vélocipédie féminine, un jugement malheu­reusement généralisé à l'époque. Dans le livre, on exposait les avantages que pouvait apporter à une femme la pratique du cyclisme, à condition, évidemment, qu'elle prît cer­taines précautions:« À de rares exceptions près, les femmes doivent rou­ler à vitesse modérée et ne jamais faire une promenade qui excède la durée d'une heure sans un repos de dix minutes. L’entraînement de la femme à bicyclette devra être à fois particulièrement attentif et très progressif ».  Pour le docteur Hecker, les varices n'étaient pas une contre-indication, mais, au contraire, il assurait que le cyclisme en arrêtait la progres­sion. « La pratique de la bicyclette à dose modérée présente chez les femmes de nombreux autres avantages» - comme la diminution de l'embon­point, par exemple, et surtout, « avec elle, elles combattent de manière particulièrement efficace leur légendaire constipation. Cette action spé­ciale se produit par un véritable massage de l'in­testin, comprimé par la ceinture musculaire que forment les muscles de la partie avant de l'ab­domen et la partie plus profonde constituée des deux psoas ».  Heureusement, les femmes pratiquèrent le cyclisme pour d'autres raisons que celle de ré­soudre leur constipation. En 1913, en Écosse, Mlle Clara, la reine des vélodromes, était très sollicitée dans les rencontres du cyclisme fé­minin, tout comme la Britannique Monica, qui devint professionnelle à l'âge de seize ans. Plus tard brilla exceptionnellement Alfonsina Strada. Il existait une autre figure célèbre, pour ne pas dire scandaleuse, dans le cyclisme des années vingt : Violette MorrisNe nous y trompons pas. En ce temps-là, le cyclisme féminin demeurait clairement minoritaire, Nous savons qu'en 1922 furent organisées en France quelques épreuves comme celle de la firme Peugeot, à laquelle participèrent 34 cyclistes féminines. Nous savons aussi grâce aux articles du Miroir des Sports qu'il y eut en 1923 à Pa­ris diverses courses réservées aux femmes. Ainsi, fin juillet, à Châtenay, se disputa une épreuve en montée d'un kilomètre, que remporta Mlle Cousin. Grâce aux reportages sur ces épreuves, nous apprenons que les cyclistes d'alors étaient munies de bicyclettes de ville, presque toutes avec des guidons plats. Les vê­tements que ces femmes portaient ne les aidaient pas non plus: le maillot leur était interdit et elles ne pouvaient montrer ni leurs genoux ni leurs mollets. Malgré ces inconvénients, Mlle Cousin gagna à nou­veau sur les 34 kilomètres de la course se tenant à Saint­Cyr le 2 septembre, où elle roula à environ 30 km/ho Au sujet de cette victoire et de la façon dont elle fut dé­crochée, Le Miroir des Sports écrivait: « La démons­tration est faite et bien faite que la femme peut faire des efforts efficaces et prolongés. Mais il était diffi­cile de croire qu'elle puisse les faire de manière aussi brillante. Mais maintenant nous demandons pour les cy­clistes l'adoption d'un costume pour les courses, c'est nécessaire ». N'ayant pas de vêtement adapté, les femmes fai­saient la course vêtues de pantalons longs et d'un maillot à manches longues, coiffée  parfois de cas­quettes et de bérets avec lesquels elles se proté­geaient les cheveux. Cette mode changea en 1925, sous les effets conjugués de la boue et du cyclo-cross. Le 14 février 1925, les cinq participantes à l'épreuve de Bel­levue reçurent enfin l'autorisation de porter un maillot de cycliste et des pantalons courts. Mlle Billot remporta cette course disputée sur une dis­tance d'à peine 4 kilomètres, rendus glissants par la boue et la pluie, et qu'elle parcourut en 12 minutes. En 1926 vint le temps d'une autre championne: Éliane Robin. Grâce à ses nombreuses victoires (parmi lesquelles le Championnat de vitesse de Paris et le Championnat de France sur route, qui se tinrent tous deux en 1926), elle dynamisa le développement du cyclisme français, lequel vit la création - éphémère -, en 1927, de la première Fédération Nationale de Cy­clisme féminin en Europe. Par la suite, une puissante et robuste cycliste belge, Elvire de Bruyn, fut proclamée championne du Monde en 1933 et 1934, apres avoir été championne de Belgique et championne d'Europe. Ses victoires furent néanmoins remises en question plus tard, quand elle changea son nom pour celui de Willy et qu'elle prit une épouse...




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